Inv. IV-001
CMJN et RVB : la palette qui tient partout
CMJN pour l'imprimé, RVB pour l'écran : ce que le choix d'un profil change sur un flacon, un mur peint et un camion, et comment verrouiller une palette.
- Accroché le
- Salle 01 · Identité visuelle
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01sur 02 pièces de la salle 01, accrochée le 15/09/2026

Un flacon imprimé se fabrique en CMJN, un mur peint se choisit en RVB ou en nuancier physique, un camion se couvre d'un film découpé dans une couleur de référence. Trois supports, trois façons de fabriquer la couleur : si vous partez d'un seul code hexadécimal pour les trois, l'écart sera visible quelque part. La méthode qui tient : fixer d'abord une couleur de référence, puis convertir vers chaque support avec un profil connu, et vérifier sur un tirage avant de lancer la série.
Pourquoi la même couleur ne rend pas pareil sur un flacon, un mur et un camion ?
Parce que les trois objets ne fabriquent pas la couleur de la même manière. Un flacon imprimé reçoit de l'encre sur un support : la couleur naît de la soustraction de lumière, c'est le principe du CMJN (cyan, magenta, jaune, noir, les quatre encres de l'imprimeur). Un mur peint reçoit un pigment mélangé dans un pot : la teinte dépend du nuancier du fabricant, pas d'un fichier. Un camion reçoit un adhésif fabriqué en usine, dont la teinte est garantie par le fabricant de vinyle, souvent sur une référence de type RAL ou Pantone.
Autrement dit : le fichier n'est qu'une intention. Ce qui décide du résultat, c'est le procédé du support. C'est aussi vrai d'une image : la manière dont on documente une couleur sur un territoire dépend du support final, comme l'explique la la photographie de paysage quand elle décrit ce qu'une image donne à voir et ce qu'elle ne dit pas.
CMJN : ce que ça change sur un flacon
Sur un flacon, une étiquette ou un carton, on imprime en CMJN. Le fichier est converti dans un profil d'impression (souvent FOGRA ou un profil ISO selon le papier), et l'imprimeur sort une épreuve contractuelle, le BAT (bon à tirer), que vous signez.
Trois conséquences concrètes :
- Un bleu vif affiché à l'écran, du type #1E4E8A, se rapproche d'un bleu plus terne une fois imprimé. Le CMJN ne reproduit pas tous les bleus et tous les verts du RVB.
- Un aplat large montre plus facilement les écarts qu'un petit logo. Sur un fond de flacon, une dérive de deux points se voit.
- Le noir n'est pas un noir : un texte fin s'imprime en noir seul, un grand aplat peut recevoir un noir enrichi, mélange des quatre encres, pour paraître plus profond.
La règle d'atelier : on ne valide jamais une couleur d'emballage sur un écran. On la valide sur le BAT, sur le papier réel, avec la lumière de la pièce où le produit sera vu.
RVB : ce que ça change sur un mur peint
Un mur peint ne s'imprime pas, il se peint. Pourtant, la couleur est presque toujours choisie à l'écran, dans un logiciel ou sur un site de marque : c'est du RVB (rouge, vert, bleu, la lumière que l'écran émet).
Le piège est là. Un écran émet de la lumière, un mur la réfléchit. La même valeur RVB, affichée sur deux écrans non étalonnés, donne deux teintes différentes ; appliquée à la peinture, elle donne une troisième teinte, parce que le nuancier du fabricant est un ensemble fini de pigments, pas un espace continu.
Ce qui marche sur un mur :
- Partir d'un nuancier physique, un éventail de teintes prêtes à commander, et non d'un code écran.
- Peindre une zone d'essai d'au moins un mètre carré, sur le mur réel, et la regarder à trois moments : le matin, en plein jour, le soir sous éclairage artificiel.
- Noter la référence du nuancier, pas la valeur RVB. C'est cette référence que le peintre commandera, et c'est elle qui sera reproductible dans cinq ans pour une retouche.
Pour un commerce, la façade peinte et l'enseigne imprimée doivent être validées ensemble : la peinture et l'encre ne se comportent pas pareil sous le même éclairage.
Et sur un camion, la couleur tient-elle ?
Sur un camion, la couleur est portée par un film adhésif, posé à plat ou enveloppant, ou par une peinture de carrosserie. Le support bouge : la carrosserie chauffe au soleil, se dilate, se lave au jet. La couleur doit donc tenir mécaniquement autant que visuellement.
Deux points décident du résultat :
- La référence du film. Les fabricants de vinyle publient des nuanciers avec une garantie de teinte, souvent exprimée en années d'exposition extérieure. C'est cette référence qui fait foi, pas le fichier envoyé.
- La découpe. Un logo en lettres fines se pose en film découpé, pas en impression : la finesse des traits et la tenue des petites formes sont meilleures, et la teinte reste celle du nuancier.
Pour un véhicule, on demande donc au poseur la référence exacte du film et la durée de garantie annoncée, et on compare cette référence à la couleur de l'enseigne et des documents imprimés. Un camion bleu marine, une enseigne bleu marine et une carte de visite bleu marine ne sortiront jamais du même pot : il faut choisir lequel fait référence.
Comment verrouiller une palette qui tient sur les trois supports ?
On choisit une couleur de référence, puis on décline. La méthode tient en cinq étapes :
- Choisir la référence dans un système physique, un nuancier de peinture ou un nuancier de film, parce que c'est le seul que l'on pourra recommander à l'identique.
- Convertir vers le CMJN avec un profil d'impression nommé, et noter ce profil dans la charte.
- Noter les valeurs RVB pour l'écran, en sachant qu'elles ne servent qu'à l'affichage.
- Faire un tirage de contrôle et une zone d'essai peinte, et comparer les deux côte à côte, en plein jour.
- Écrire la règle : quelle référence gagne en cas d'écart. En général, la référence physique gagne sur le fichier.
Une palette qui tient n'est pas une palette de dix couleurs. C'est une couleur principale, une couleur secondaire, un noir ou un gris de texte, et une règle écrite qui dit laquelle fait foi.
Faut-il une seule palette pour l'écran, le papier et le véhicule ?
Oui, une seule intention, mais pas une seule valeur. Vous gardez la même famille de teintes, et vous acceptez que chaque support ait sa déclinaison : un bleu plus dense en peinture, un bleu plus contenu en CMJN, un bleu plus lumineux en RVB.
Ce qui ne marche pas, c'est de croire qu'un code unique suffit. Ce qui marche, c'est de documenter les trois déclinaisons dans une charte d'une page, avec les références exactes et les profils utilisés. Le jour où vous réimprimez un flacon, repeignez une façade ou habillez un second camion, la charte répond à votre place.
Un dernier réflexe utile : regardez la couleur en situation, pas sur l'écran de l'atelier. Un flacon se juge en rayon, un mur en rue, un camion en mouvement. La lumière du lieu fait partie de la palette.
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